Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

Panoptique parano

Tous les matin, rebelote.

07:48, arrivée devant les bureaux.

On a un peu d’avance, une petite clope, coup d’œil au smartphone, pas encore 08:00. On jette un œil à cette notification du 20 minutes, vite fait bien fait, franchir les portes du bureau quelques minutes trop tôt, jamais, le patron qui surveille, paternaliste n’est-il pas?, plutôt mourir d’ennui, comme cette pige du 20 minutes. Alors on allume une dernière tige, en attendant de prendre fonction. En pensant déjà à la pause café à venir, prévue à 10:00 tapantes.

Autre lieu. Autre mœurs. Autre culture.

09:15, arrivée au bureau, directement depuis la crèche.

On franchit la porte du bureau sourire en coin, on démarre la journée jovial, le rapport fut terminé la veille, 22:12 depuis son futon de salon, une fois bébé au lit et maman au sport. « Salut les collègues! », ce manager déambule, joie de vivre, « j’avais du temps, j’ai amené les croissants, on prend un café? » propose-t-on, à peine arrivé, encore rien déballé, surtout pas son laptop.

Il y’a l’employeur fixe.

Qui aime les horaires fixes.

Qui a les idées fixe.

Il fixe tout, règles, horaires, procédures.

Il y’a l’employeur fixe. Qui aime les horaires fixes. Qui a les idées fixe. Il fixe tout.


Pour lui, c’est 08:00-17:00, peut être un peu plus, mais jamais moins.

L’heure c’est l’heure; avant l’heure c’est toujours bienvenue, après l’heure c’est en sus.

Être à 8:00 au centre de Lausanne c’est bouchons assurés, frustration assurée mais tant pis, c’est pas mon problème dira le boss, que le subalterne aille faire ses courses à midi, magasins bondés, le soir son gamin poireautera à la crèche en attendant que l’horloge du bureau — volontairement retardée de quelques minutes — signale 17:00 précises, même si ce pauvre subalterne a terminé son boulot pour la journée.

Seule l’horloge guide, guigne, gît comme le trône du lieu, on l’aime moins que son pire compétiteur, elle est ce fardeau.

Et puis il y a le patron qui n’en a rien à faire (des horaires), tant que c’est fait (le travail).


Mais il y’a aussi l’employeur souple. Qui n’en a rien à faire (des horaires), tant que c’est fait (le travail). Rien n’est gravé, on fait comme on veut (horaires) tant qu’on le fait (son travail).

Vite aller chez IKEA mardi matin à 10:00 c’est parfait, autant que finir son rapport le dimanche matin pendant que la famille dort encore. Les vacances c’est pour en profiter, non pas pour aller accueillir le plombier. Le soir à la crèche on est le premier à récolter son petit, il est le plus heureux du monde.

Lequel de ces deux employés est le plus performant?

On ne saurait le dire.

Lequel est le plus heureux?

On saura le prédire.

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