Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

Dur comme Pierre?

Pierre Veya.

Figure tutélaire du journalisme romand, pas mal d'années dans la presse, Le Matin Dimanche que des soirées ont bien remplies, Maître du Temps, une expérience appréciée des pairs. Il est chef de la rubrique économique du quotidien dominical, il doit avoir roulé sa bosse un peu partout, bossé comme un dur pour y parvenir, Pierre.

Y parvenir, justement. Est-il un parvenu, Mr. Veya?

On se gardera du juger, quelle vile entreprise. Mais c'est que Pierre Veya, il en impose. Son regard par dessus ces obliques lunettes noires, droites; sa posture l'est aussi, il en dégage. Sa bouche pince légèrement, on dirait qu'il a toujours quelque chose à dire -- quel journaliste ne l'a pas?


Il doit avoir roulé sa bosse un peu partout, bossé comme un dur pour y parvenir, Pierre.
 

Dans ses articles, il ne peine pas à donner un avis, quitte à briser les codes. Il émet un jugement, aime le défendre, attaquer les autres il en raffole, rechigner devant la résistance non; confronter oui toujours, on emballe le débat. Et dans ce regard, une chose se dégage, subreptice, pernicieux presque: sa confiance.

L'avoir comme boss, ça doit déménager. On bosse dur pour Pierre, sinon c'est la rossée et la remontrance. Il paraît si exigeant. Ses yeux sont haussés, comme révulsés, il doit regarder par le haut - mais qui sommes nous ici-bas pour avoir l'outrecuidance de juger?

Sans connaître, on se gardera bien de faire de vils assomptions.  Car ce qui nous importe, voilà la seule certitude qui nous anime: avec lui aux manettes, les pages seront toujours bien remplies.