Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

L'homme (qui) pleure

Oui, l'Homme pleure. Pas n'importe lequel, mais tous.

Même les robustes, ceux qui se cachent sous cette carapace.

Il y a les différents pleurs. Certains hoquètent, se cachent pour mieux déglutir.

D'autres font mine, triste mine, de ne pas verser de larmes, ni de basculer dans le ridicule apparent - pleurer n'est-il pas réservé aux mauviettes, quitte à s'en cacher d'une serviette?

Cet homme là est pourtant robuste. Sa carapace semble impénétrable voire divine, protégée des vents idoines. Il est un gilet-par-balle a émotions. Il semble au-dessus de tout, des nuages de l'émotion, des abysses de l'inconfort moral. Il est granit, fonte, acier. Le voilà inoxydable: tout ce qui pourrait atteindre l'homme moyen il le réverbère à autrui, il le propage plus loin, loin de lui toute turpitude superflue; chassez ces mauvaises ondes qu'il ne voudrait voir.

Mais l'homme est une bête sociale. Un carnivore de relations humaines.

Alors à l'évocation d'un sujet passionnel, il se met à déglutir discrètement, à verser des larmes, sans discontinuer.

Alors on en est convaincu, si lui pleure, alors tous les hommes pleurent.

Après tout, les larmes ne sont-elles pas merveilleuses, lorsqu'elles transpirent la joie?