Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

L'envers des toilettes

Les toilettes.  Les chiottes, les cagoinces, le trône. Ou encore les gogues.

Autant de nomenclatures un brin vaudoises, qui ramènent au petit coin, l'ultime lieu de tranquillité mondain. 

Jadis on s'y rendait le journal sagement plié sous le bras. De manière bien ostensible on avouait à demi-mot vouloir faire ses besoins en compagnie du mot croisé à terminer - dans les latrines on dessinait ainsi ses petites lettrines.

Aujourd'hui on s'y rend en toute discrétion, aux chiottes, c'est smartphone dans la poche, une fois posé sur le trône on nettoie sa ferme sur Hay Day avant de songer à nettoyer la place que justement on occupe.

Avant, dans les latrines on dessinait les petites lettrines du mot-croisé

Là où je travaille, un constat est cependant inéluctable, hasard ou non qu'importe, il ne relève que de l'empirique: les cabinets de gauche sont toujours plus propres que celles de droite. Toujours. Toujours. Toujours.

Philosophons un poil. Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?

Quel type d'homme va donc dans les toilettes de gauche? 

Et quel sale type peut-il bien choisir les chiottes de droite, sempiternellement?

Commençons par les toilettes de gauche, qui rappelons-le sont les mieux entretenues. Ses utilisateurs sont-ils issus de la gauche socialiste, aiment-ils cacher la merde au chat dans la vie comme sur le trône? Sont-ils simplement "cerveau gauche", donc plus terre-à-terre  et pragmatiques? Ou alors sont-ils tout bonnement moins gauches que les autres, au moment de poser leurs culottes? 

A droite, moins adroits?  Ou a gauche, cerveau gauche?

A droite c'est souvent sale. Carrément. Mais pourquoi tant de haine? Serait-ce parce qu'ici y viennent les gens de droite, les patrons, les boss, ceux qui appellent un chat un chat mais qui laissent la merde à leurs employés? Ou alors ces droitiers-là, sont-ils juste moins adroits sur le trône qu'à trôner sur leur siège de patron?

Nous ne sommes donc pas égaux sur les toilettes.

Mais alors, aux cagoinces, y va-t-on aléatoirement, à droite comme à gauche et sans réfléchir? Sens Unik le disait déjà, en 1993: "A gauche, à droite, tu sais pas où tu vas; à gauche, à droite, tu as l'embarras du choix".

La prochaine fois, prenez la peine de comparer ce qui se dégage, de gauche comme de droite.

Et vous en conviendrez certainement: même si on est de droite, autant aller dans ceux de gauche.

 

Jeter un oeil à droite comme à gauche