Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

Les images parlantes et les mots creux

Je ne suis évidemment pas un psychologue du comportement, encore moins un expert en synergologie, le langage corporel est un mystère total pour moi. 

Mais là, entre le redoutable Putin et le bon Barack, y'a source de grabuge. Le journal Le Temps cite un spécialiste bien éduqué, un expert des relations russo-américaines, Stephen Cohen: "La Guerre froide fait son retour". Je n'en crois rien, bien sûr, foutaises, faut pas déconner quand même; exagérer la moindre pour vendre ses discours à la presse ou aux conférences TED pourquoi pas, c'est compréhensible, c’est présentement de bonne guerre, mais entre Guerre froide et désaccords de principe, y'a un fossé à ne franchir nullement. 

Cependant, la photo ne trahit aucune aménité: Barack est frustré, il tend la main malgré tout, pour l'image, ses Spin doctors applaudiront tout à fait. Mais son faciès fatigué, accouplé à ce bref regard, ils en disent long. Il peut bien y avoir du grabuge. Vladimir, le regard fuyant, semble certes résigné, mais globalement satisfait, il ne m'aura pas, le Yankee, semble-t-il se fanfaronner. Putin a le buste recroquevillé vers l'arrière, il est donc en position défensive. Barack, lui, a tenté l'offensive, et s'il a manifestement lâché l'affaire, il agrippe bien la poigne du nébuleux Vladimir.

Et puis je lis le premier paragraphe dudit spécialiste: "La coopération entre Washington et Moscou n'a pas bien fonctionné."  L'article fait une page entière dans Le Temps du 25 avril 2013, il n'empêche, je n'en lirai pas une ligne de plus. Le "bien" de la phrase est si petit, mais tellement grand de sens. Je ne suis ni journaliste, ni linguiste, mais je sais que ce "bien" veut tout dire. Ça n'a pas fonctionné brillamment, la coopération entre Russes et Américains, mais ça a fonctionné quand même. Le FSB et le FBI ne se sont pas fait de cadeau, mais l'objectif est atteint, les bandits arrêtés. Le reste n’est que digression, un moyen d’engendrer de la visibilité pour Stephen Cohen, par la presse écrite ou dans une conférence TED quelconque.

Je ne suis donc ni comportementaliste, ni linguiste, ni expert en géopolitique.  Et autant la photo que l’écriture me laissent à mes modestes analyses personnelles.  Ma seule certitude sera donc platonique: la Guerre froide ne reviendra pas.