Sacha Clément, journal de bord

Quelques aléas, vus d'ici et d'ailleurs

Sacha Clément, un journal de bord

La météo, ses atours et ses humeurs

Il fait beau. Les mouches se dandinent. Les humeurs s'envolent, frivoles. Et l'être humain se ragaillardit fièrement. La météo est le seul, l'unique élément que l'humain ne maîtrise pas. Il est pourtant l'élément-clé, celui qui dicte les humeurs, celui qui anime toutes les discussions matinales, au bureau ou sur son chantier, le vecteur capable de transformer les affres en sourires. Quand les joies remplacent les peines.

Dans les rues bondées, lausannoises par exemple, la météo a mainmise sur la joie des uns, mais aussi sur les tenues vestimentaires des autres. Au premier rayon solaire, les filles espiègles enfilent leur minishorts, blouse multicolore, espadrilles printanières; tandis que de l'autre côté du trottoir, l'homme en noir rock & roll, veste cuire et tatouage d'un autre temps, cire ses Dr. Martens, réajuste son long jeans noir, porte son imper favori qu'il affection pourtant de toutes les couleurs, surtout s'il est noir. La météo, le seul élément que l'homme ne maîtrise pas. Le seul élément qui dicte l'humeur humaine. La seule impondérable que l'homme rêve de gérer à sa guise.

Dans un village nord-vaudois, la météo fait aussi le bonheur indigène. On sort ses besicles Ray-Ban tendance, son pantacourt démodé; les gosses plongent dans la fontaine; les sacs à dos des randonneurs emplissent de crème solaire; les grillades humectent l'air des terrasses d'un bonheur carnassier, le chef de famille nanar se frotte la panse dans son marcel idoine. Les primevères fleurissent. Les pâquerettes rayonnent. Les jonquilles essaiment. La météo, décidément le seul élément que l'homme ne maîtrise pas. Le seul élément qui dicte l'humeur humaine.

Vivement le bureau demain, tout le monde sera rayonnant, à défaut d'être exécrable comme les temps passés.